La compagnie NAJE et 32 amateur·ices et professionnel·les qui seront sur scène vous invitent à : « La nuit qui vient », spectacle de théâtre journal
Jeudi 9 avril à 20h et vendredi 10 avril à 20h
À La Parole Errante, 9 rue François Debergue à Montreuil (métro Croix de Chavaux)
Entrée 10€ prix normal ou 1€ pour celles et ceux qui ne peuvent pas plus
Inscriptions via Helloasso : Jeudi 9 avril 20h ou vendredi 10 avril 20h
Ou par mail en précisant la date souhaitée : resanaje@gmail.com

Umberto Eco a écrit “Arrêtez de croire que le fascisme reviendra sous la forme de militants qui défilent en chemises noires en faisant le salut fasciste et en criant rouvrez Auschwitz !”, il sait s’adapter à l’époque, aux pays, à la culture…
Nous avons voulu nous emparer de cette question, à partir de ce qui monte en France, ce qu’on voit, ce qu’on ne voit pas, de la peur qui paralyse et des luttes individuelles et collectives. Nous traiterons de ce que nous considérons comme la montée du fascisme et que d’autres appellent le libéralisme autoritaire, à partir d’un texte écrit par Jean-Paul Ramat, de la Compagnie NAJE. Ce théâtre-journal traitera de nos dirigeants (politiques et possédants-dominants), de ce qu’ils agissent et de ce que cela produit sur nos vies et notre société.
Le théâtre-journal c’est quoi ?
Tout commence pour Augusto Boal à Sao Paulo au Brésil en 1956 avec le Théâtre Arena : un théâtre qui se veut populaire et politique, qui veut dénoncer les oppressions raciales, sexistes ou économiques… même si, dira plus tard Boal, « on écrivait des pièces qui enseignaient aux Noirs comment se libérer des Blancs, mais nous étions des Blancs… et des pièces féministes pour dire aux femmes : libérez-vous, luttez contre… contre nous les hommes qui écrivons ces pièces ! ».
Malgré le coup d’État militaire de 1964, malgré la répression de la censure, le Théâtre Arena continue. Mais après le deuxième coup d’État de 1968, la violence et les intimidations du pouvoir les contraignent d’arrêter. Boal et son groupe continuent le combat du théâtre engagé de manière clandestine. Sous une dictature, l’information est muselée. Ils pratiquent alors la forme la plus simple du théâtre ; devant un public parfois analphabète réuni de manière informelle dans une cour d’usine ou d’atelier, un·e comédien·ne dit un texte simple, mais politique et actuel : le journal. Mais un article de journal relate les événements de manière partielle, souvent partiale. Ils profitent donc d’être plusieurs comédien·ne·s, plusieurs voix, pour entrecroiser ces articles avec d’autres sortes de textes (fondamentaux comme le droit du travail ou la Constitution, ou de circonstance, comme des statistiques, des articles d’économie, des rapports d’expertise ou de la publicité…).
Puis, en professionnel·le·s du théâtre, le groupe commence à rajouter des scènes jouées ou des images qui révèlent encore davantage les textes. Ainsi est joué le banquet donné par l’État brésilien pour recevoir le FMI : on voit les plats qui défilent, on entend le menu pantagruélique, mais aussi la lettre du ministre de l’Économie déclarant au FMI que «le peuple brésilien se serrera la ceinture, mais remboursera sa dette jusqu’au dernier dollar »… et les textes de journaux qui font état des centaines de Brésiliens morts de faim dans le Nordeste. Le théâtre-journal est né !
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