Faire appel à la Compagnie NAJE pour le FDVA
« La nuit qui vient » : les réservations se poursuivent pour le spectacle !
Le spectacle de la compagnie en mars
Les ateliers et formations de mars
Les stages de formation au Théâtre de l’Opprimé·e en 2026
Faire appel à la Compagnie NAJE pour le FDVA
Le volet 2 de l’appel à projets du Fonds pour le Développement de la Vie Associative est sorti et se clôturera (pour l’Île-de-France) le 11 mars (pour les autres Régions, voir au cas par cas).
Le FDVA 2 est articulé autour de deux axes : le financement global de l’activité d’une association et la mise en œuvre de nouveaux projets innovants.
La Compagnie NAJE serait ravie de participer à certains de ces projets ! Pour travailler avec un groupe sur une thématique, monter un spectacle de théâtre-forum,…plein de pistes possibles !
Pour les détails de l’appel à projets, des critères d’éligibilité, de la procédure de dépôt, des documents annexes à renseigner, des contacts … c’est ici. Et pour en discuter avec Naje, contactez-nous par mail à contact@compagnie-naje.fr ou par téléphone : 01 46 74 51 69 et 07 89 68 76 21.
« La nuit qui vient »
Les réservations pour le spectacle se poursuivent !
La mise en scène de notre théâtre journal touche à sa fin et nous sommes heureu·ses de vous inviter au spectacle qui en découle. Celui-ci aura lieu les jeudi 9 et vendredi 10 avril à 20h à la Parole Errante, 9 rue François Debergue à Montreuil (métro Croix de Chavaux).
Pour vous inscrire c’est via HelloAsso en suivant ces liens : pour jeudi, pour vendredi ou par mail à resanaje@gmail.com. L’entrée est à 10€ ou 1€ pour celles et ceux qui ne peuvent pas plus.Pour en savoir plus sur le projet, vous pouvez aller voir sur le site de la compagnie, ici.
Le spectacle de la Compagnie en mars
Spectacle sur les discriminations – Lunéville (54)La compagnie jouera un spectacle sur les discriminations auprès d’un public de CM1-CM2 pour la Ville de Lunéville le 12 mars.
Les ateliers et formations de mars
Ateliers suivis d’une restitution
Ateliers pour ANECAMSP – Paris (75)
Création d’un spectacle sur l’accompagnement et la coopération entre parents et professionnel·le·s des CAMSP (centres d’action médico-sociale précoce) sur trois jours sur les mois de février et mars, pour une représentation en mars pour le colloque national de l’ANECAMSP (Association nationale des équipes contribuants à l’action médico-sociale précoce) .
Formations
Missions locales du 91 (programme « Jeunes et femmes » pour des jeunes femmes concernées par les violences).
Trois journées de formation « Jeunes et femmes » à la mission locale de Bretigny-sur-Orge.
Trois journées de formation « Jeunes et femmes » à la mission locale de Montgeron sur mars et avril.
Une journée d’atelier de théâtre-forum pour le SPIP 91 – Courcouronnes (91)
Direction d’un atelier de théâtre-forum avec un groupe de parents en stage de responsabilisation pour le Service pénitentiaire d’insertion et de probation de l’Essonne.
Une demi-journée d’analyse de la pratique pour le PTF-PJJ Île-de-France – Paris (75)
Une demi-journée d’analyse de la pratique pour les futurs éducateur·trice·s de la PJJ dans le cadre de leur formation à l’ENPJJ (École nationale de la protection judiciaire de la jeunesse) suite à des stages en milieu professionnel.
Une journée et demie de cohésion de promotion – Paris (75)
Une journée et demie de formation à destination de la nouvelle promotion de stagiaires de la PJJ dans le cadre de leur formation à l’ENPJJ.
La compagnie NAJE étant certifiée Qualiopi pour ses actions de formations, nos formations peuvent être pris en charge par votre OPCO. Pour en savoir plus, c’est ici.
Les stages de formation au Théâtre de l’Opprimé·e de 2026
Vous souhaitez vous former aux techniques du Théâtre de l’Opprimé·e ? La Cie NAJE propose tout au long de l’année des stages ouverts aux débutant·e·s comme aux confirmé·e·s.
Stages de Théâtre-forum (à deux niveaux)
Du 18 au 22 mai 2026 (Saint-Denis, 93)
Du 19 au 23 octobre 2026 (Crest, 26)
Stage Théâtre-images
Du 24 au 26 juin 2026 (Paris 11ème)
Retrouvez toutes les dates sur cette page de notre site ! Nos stages peuvent être pris en charge par votre employeur au titre de la formation professionnelle par un OPCO, l’AFDAS ou France Travail. Renseignements et inscriptions auprès d’Asmahan : stage@compagnie-naje.fr
La compagnie NAJE et 32 amateur·ices et professionnel·les qui seront sur scène vous invitent à : « La nuit qui vient », spectacle de théâtre journal
Jeudi 9 avril à 20h et vendredi 10 avril à 20h
À La Parole Errante, 9 rue François Debergue à Montreuil (métro Croix de Chavaux)
Entrée 10€ prix normal ou 1€ pour celles et ceux qui ne peuvent pas plus
Inscriptions via Helloasso : Jeudi 9 avril 20h ou vendredi 10 avril 20h
Ou par mail en précisant la date souhaitée : resanaje@gmail.com
Umberto Eco a écrit “Arrêtez de croire que le fascisme reviendra sous la forme de militants qui défilent en chemises noires en faisant le salut fasciste et en criant rouvrez Auschwitz !”, il sait s’adapter à l’époque, aux pays, à la culture…
Nous avons voulu nous emparer de cette question, à partir de ce qui monte en France, ce qu’on voit, ce qu’on ne voit pas, de la peur qui paralyse et des luttes individuelles et collectives. Nous traiterons de ce que nous considérons comme la montée du fascisme et que d’autres appellent le libéralisme autoritaire, à partir d’un texte écrit par Jean-Paul Ramat, de la Compagnie NAJE. Ce théâtre-journal traitera de nos dirigeants (politiques et possédants-dominants), de ce qu’ils agissent et de ce que cela produit sur nos vies et notre société.
Le théâtre-journal c’est quoi ?
Tout commence pour Augusto Boal à Sao Paulo au Brésil en 1956 avec le Théâtre Arena : un théâtre qui se veut populaire et politique, qui veut dénoncer les oppressions raciales, sexistes ou économiques… même si, dira plus tard Boal, « on écrivait des pièces qui enseignaient aux Noirs comment se libérer des Blancs, mais nous étions des Blancs… et des pièces féministes pour dire aux femmes : libérez-vous, luttez contre… contre nous les hommes qui écrivons ces pièces ! ».
Malgré le coup d’État militaire de 1964, malgré la répression de la censure, le Théâtre Arena continue. Mais après le deuxième coup d’État de 1968, la violence et les intimidations du pouvoir les contraignent d’arrêter.
Boal et son groupe continuent le combat du théâtre engagé de manière clandestine. Sous une dictature, l’information est muselée. Ils pratiquent alors la forme la plus simple du théâtre ; devant un public parfois analphabète réuni de manière informelle dans une cour d’usine ou d’atelier, un·e comédien·ne dit un texte simple, mais politique et actuel : le journal. Mais un article de journal relate les événements de manière partielle, souvent partiale. Ils profitent donc d’être plusieurs comédien·ne·s, plusieurs voix, pour entrecroiser ces articles avec d’autres sortes de textes (fondamentaux comme le droit du travail ou la Constitution, ou de circonstance, comme des statistiques, des articles d’économie, des rapports d’expertise ou de la publicité…).
Puis, en professionnel·le·s du théâtre, le groupe commence à rajouter des scènes jouées ou des images qui révèlent encore davantage les textes. Ainsi est joué le banquet donné par l’État brésilien pour recevoir le FMI : on voit les plats qui défilent, on entend le menu pantagruélique, mais aussi la lettre du ministre de l’Économie déclarant au FMI que «le peuple brésilien se serrera la ceinture, mais remboursera sa dette jusqu’au dernier dollar »… et les textes de journaux qui font état des centaines de Brésiliens morts de faim dans le Nordeste. Le théâtre-journal est né !
Sur notre site, retrouvez toute la documentation sur le théâtre de l’opprimé·e et son histoire ici
Pour en savoir plus sur le chantier de l’année c’est ici
Stage « Techniques introspectives » du 14 au 18 avril à Bagnolet (93) : il reste des places !
La Compagnie Naje organise chaque année un stage de formation aux « Techniques introspectives ». Ce stage se déroule sur 5 jours du 14 au 18 avril à Bagnolet. Il est souvent complet rapidement mais cette année, il reste des places. Si vous ne savez pas ce que sont les « Techniques introspectives » du Théâtre de l’Opprimé·e ou si vous souhaitez en savoir plus sur les modalités de cette formation, vous pouvez trouver toutes les informations concernant ce stage sur notre site internet ici.
Comment s’inscrire ?
Vous trouverez sur notre site toutes les informations relatives à nos tarifs, nos conditions de ventes, et les modalités de prise en charge par votre employeur ou par la formation professionnelle. Renseignements et inscriptions auprès d’Asmahàn : stage@compagnie-naje.fr.
Bilan du chantier « 12 mois »
Le chantier s’est terminé le 23 mars. Il avait démarré en janvier 2024. Cela a été un chantier différent de tous les chantiers précédents :
- Les participants ont été majoritairement des personnes vivant dans la grande précarité (mobilisées par ATD Quart Monde, par Le Secours Catholique de Versailles et par nous -mêmes)
- Nous n’avons pas fait de grand spectacle mais seulement une journée ouverte à des invités tous les trois mois. L’objectif de l’atelier a été d’être au service des personnes participantes.
Ainsi tout au long de l’atelier chacun·e est venu poser les difficultés auxquelles iel s’affronte dans sa vie (récit de la situation concrète, mise en scène de la situation avec les autres) pour que tout·es les autres cherchent des stratégies concrètes pour changer les choses et améliorer la situation posée. C’est cela faire forum. Ce faisant, de situations en situations, nous avons pris un peu de hauteur. Les situations apportées sont vécues individuellement par celles et ceux qui les amènent mais elles concernent d’autres personnes, d’autres groupes sociaux… Alors d’individuelles, elles deviennent générales et nous nous mettons à analyser notre propre société.
Nous avons parlé de discriminations et d’oppressions (quand on est racisé·e, quand on est une femme, quand on porte un handicap, quand on est dans la grande précarité ou la misère) à l’école, au travail, dans la ville, face à la police…
Nous avons parlé de ce que nous faisons vivre aux personnes qui n’ont pas de titre de séjour. Nous avons parlé de ce que nous faisons à notre planète. Nous avons mis en travail nos rapports à la politique, à l’engagement militant, à la résistance, à la survie psychique et physique. Nous avons cherché à sortir individuellement et collectivement des sentiments d’impuissance, de peur, d’inutilité et d’isolement.
Coté théâtre nous nous sommes formé.es à faire le travail d’acteur, à faire le travail de l’acteur oppresseur, à mettre en scène une situation, à en faire l’analyse…
Celles et ceux d’entre nous qui sont issu.es des classes moyennes disent avoir eu accès à des réalités qu’ils ne voient pas si bien dans leur vie et qui les ont fait grandir. Celles et ceux qui sont issues de la grande précarité ont dit que cela les a aidé·es à agir dans la réalité et que cela leur a fait du bien de faire partie de ce groupe. Celles et ceux de la Cie NAJE disent que ce fut un moment fort d’humanité dans lequel nous avons avancé dans notre manière de pratiquer le théâtre de l’opprimé.
Ce chantier a été possible grâce au soutien financier de la Fondation pour le logement, de la Fondation Syndex, et de la Fondation Un Monde par Tous, ainsi qu’à de nombreux dons individuels.
La Compagnie NAJE en tournée dans le Limousin Poitou-Charente dès avril jusqu’à septembre 2025
La Compagnie NAJE et CAP Limousin Poitou-Charente vous invitent à une tournée de théâtre-forum « Aimer n’a pas d’âge » dans le Limousin Poitou-Charente.
Un spectacle pour échanger sans tabou et sans jugement sur la vie affective et sexuelle après 60 ans.
Un forum pour chercher ensemble comment mener notre vie affective et sexuelle comme elle nous convient, qu’on soit en couple ou en célibat! Comment faire avec l’âge et ce qu’il transforme en nous ? Avec le regard des autres sur nous ? Avec les enfants qui parfois s’en mêlent ? avec nos choix de vie…
Les dates à venir :
- Le 8 avril à Bressuire (57)
- Le 10 avril à Saintes (17)
- Le 3 juin à Aubusson (23)
- Le 5 juin à Saint-Junien (87)
- Le 12 juin à Châtellerault (86)
- Le 18 septembre à Tulle (19)
- Le 25 septembre à Cognac (16)
Spectacle gratuit sur inscription via contact@compagnie-naje.fr
Les spectacles de la Compagnie NAJE en avril
Spectacle sur la participation des habitants – Ivry (94) le 11 avril –
Le 11 avril à Ivry la compagnie NAJE jouera un spectacle de théâtre-forum sur la participation des habitants.
Spectacle « Habitat Intergénérationnel » – Les Ulis (91)
La compagnie NAJE a créé un nouveau spectacle de théâtre-forum sur la cohabitation intergénérationnel pour l’association « Ensemble2générations » qui met en relation des seniors et des étudiants qui souhaitent cohabiter.
Le spectacle sert à sensibiliser les personnes à loger des jeunes. Il travaille sur ce qu’on peut attendre d’une cohabitation mais aussi sur les freins ressentis : la peur de devoir gérer un adolescent, de se sentir responsable, d’être envahi, celle de se voir vieillir …
Après trois représentations en octobre 2024 à Evry (91), en mars à Massy (91) et à Paris (75), ce spectacle sera de nouveau joué le 7 avril aux Ulis (91).
Spectacle sur l’inceste – Lycée Lucie Aubrac, Pantin (93)
La compagnie NAJE jouera pour la seconde fois son nouveau spectacle de théâtre-forum sur l’inceste le 29 avril au Lycée Lucie Aubrac à Pantin.
Ce spectacle a été créé grâce à des échanges avec des personnes concernées, ainsi qu’avec des organisations et associations qui ont apporté leur expertise. Il s’adresse en premier lieu aux jeunes, dans l’objectif de rendre possible la parole.
Ce spectacle est en partie subventionné par la région IDF dans le cadre du dispositif « Lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants ».
Pour participer à l’un de nos spectacles, contactez plusieurs jours avant la Compagnie NAJE afin de lui laisser le temps de demander votre invitation à la structure qui organise le spectacle : contact@compagnie-naje.fr
Les formations d’avril
Formations diverses
Missions locales du 91 (programme « Égaux » pour des jeunes hommes et « Jeunes et femmes » pour des jeunes femmes concernées par les violences).
- Trois jours d’ateliers « Égaux » à la Mission locale de Brétigny-sur-Orge
- Trois jours d’ateliers « Égaux » à la Mission locale de Massy
Une journée d’atelier de théâtre-forum pour le SPIP 91 – Courcouronnes (91)
Direction d’un atelier de théâtre-forum avec un groupe de parents en stage de responsabilisation pour le Service pénitentiaire d’insertion et de probation de l’Essonne.
Trois journées de formation à la prise de parole en public – Vichy (03)
Une session de formation de trois jours pour des syndicalistes de l’UNSA avec culture et liberté.
Formations professionnelles
Une semaine de formation de théâtre de l’opprimé – Saint Denis (93)
Une formation de 5 jours pour former les éducateurs de l’association CANAL à l’utilisation de l’outil théâtre forum. Elle a commencé fin mars et se poursuit début avril.
Formation pour les professionnel·le·s de la PJJ Île-de-France – Paris (75)
Une journée de formation pour travailler sur les problématiques que les professionnel·le·s rencontrent en lien avec la santé mentale. Cette journée est à destination des professionnel·le·s de la PJJ ayant suivi les journées de Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM).
Vous souhaitez mettre en place un atelier ou une formation dans votre structure ? Contactez-nous contact@compagnie-naje.fr
Formation au théâtre-images en juin : il reste des places !
La Compagnie Naje organise chaque année un stage de formation au théâtre-images sur trois jours. Le prochain aura lieu du 27 au 29 juin en région parisienne.
Le théâtre-images est une méthode qui peut être utilisée pour travailler avec un groupe sur un sujet précis ou pour intervenir en public.
C’est une technique théâtrale intéressante à plusieurs titres :
- elle est très simple à utiliser et permet d’entrer très vite dans le cœur d’un sujet ;
- elle ne demande aucun moyen technique ;
- elle utilise peu d’éléments de la langue parlée ;
- elle est très productrice en terme d’analyse et pour faire émerger la parole ;
- elle permet un travail immédiatement collectif ;
- elle mêle les émotions, le corps et l’analyse intellectuelle.
Pour plus d’informations, vous pouvez aller sur notre site, et bien sûr nous contacter.
Comment s’inscrire ?Vous trouverez sur notre site toutes les informations relatives à nos tarifs, nos conditions de ventes, et les modalités de prise en charge par votre employeur ou par la formation professionnelle.
Renseignements et inscriptions auprès d’Asmahàn : stage@compagnie-naje.fr.
Appel à participation au théâtre journal sur la montée du « libéralisme autoritaire » voire du « fascisme »
Nous avons décidé de créer un spectacle de théâtre journal autour de la montée du libéralisme autoritaire (voire du fascisme) avec qui veut le faire avec nous. Nous voulons nous encourager ensemble. Nous avons réuni le 11 janvier à la Bourse du travail nos ami·e·s pour commencer à mettre en travail la question. Notre création se fera de septembre 2025 à juin 2026, à raison de trois jours par mois (répartis sur des jours de week-end deux fois par mois, soit 24 jours) avec celles et ceux qui étaient là le 11 janvier, les participant·e·s du chantier qui se termine en mars… et vous, si vous le voulez !
Nous proposons deux jours de préfiguration les dimanches 18 mai et 15 juin à Paris afin d’échanger sur le sujet, de discuter des modalités de la création et de constituer le groupe qui va s’engager dans cette création.
Si vous souhaitez nous rejoindre, contactez-nous à contact@compagnie-naje.fr
Les spectacles de la Compagnie NAJE en mars
Spectacle sur l’égalité femmes / hommes au travail – Haute Normandie (50)
Deux spectacles la même journée pour l’association l’Étape en Haute Normandie sur la question de l’égalité femmes / hommes au travail. Ces deux représentations auront lieu à Saint-Lô et Coutances, le 4 mars.
Spectacle « Habitat Intergénérationnel » – Massy (91) et Paris (75)
La compagnie NAJE a créé un nouveau spectacle de théâtre-forum sur la cohabitation intergénérationnelle pour l’association Ensemble2générations qui met en relation des seniors et des étudiant·e·s qui souhaitent cohabiter. Le spectacle sert à sensibiliser les personnes à loger des jeunes. Il travaille sur ce qu’on peut attendre d’une cohabitation, mais aussi sur les freins ressentis : la peur de devoir gérer un·e adolescent·e, de se sentir responsable, d’être envahi·e, celle de se voir vieillir…
Après une première représentation en octobre à Evry (91), ce spectacle sera de nouveau joué le 7 mars à Massy, le 24 mars à Paris et le 7 avril aux Ulis.
Spectacle sur l’inceste – Lycée Rodin, Paris (75)
La compagnie NAJE jouera pour la première fois son nouveau spectacle de théâtre-forum sur l’inceste le 11 mars au Lycée Rodin à Paris.
Ce spectacle a été créé grâce à des échanges avec des personnes concernées, ainsi qu’avec des organisations et associations qui ont apporté leur expertise. Il s’adresse en premier lieu aux jeunes, dans l’objectif de rendre possible la parole. Ce spectacle est en partie subventionné par la région IDF dans le cadre du dispositif « Lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants ».
Spectacle « Je suis bien chez moi et j’y reste » – Athis Mons (91)
Un spectacle sur la question de l’adaptation des logements pour les personnes âgées en perte d’autonomie, le 20 mars à Athis Mons, pour l’AG2R AGIRC ARRCO. En collaboration avec Adaptia et AG2R La mondiale IdF.
Pour participer à l’un de nos spectacles, contactez plusieurs jours avant la Compagnie NAJE afin de lui laisser le temps de demander votre invitation à la structure qui organise le spectacle : contact@compagnie-naje.fr
Le chantier « 12 mois » en mars
Notre chantier « 12 mois » s’achèvera le 23 mars par une journée ouverte à qui veut. Cela se passera à la Cité Refuge 12 rue Cantagrel à Paris de 10h à 16h30. Notre groupe a commencé à travailler autour de situations liées à ce que certains nomment libéralisme autoritaire, d’autres de montée du fascisme… nous explorerons avec nos invités les situations que ces mots leur évoquent.
Ce chantier a été possible grâce au soutien financier de la Fondation Abbé Pierre, de la Fondation Syndex, et de la Fondation Un Monde par Tous, ainsi qu’à de nombreux dons individuels.
Les formations de mars
Formations diverses
Missions locales du 91 (programme « Égaux » pour des jeunes hommes et « Jeunes et femmes » pour des jeunes femmes concernées par les violences).
- Trois jours d’ateliers « « Égaux » à la Mission locale de Sainte-Geneviève-des-Bois.
- Trois jours d’ateliers « Jeunes et femmes » à la Mission locale des Ulis.
Une journée d’atelier de théâtre-forum pour le SPIP 91 – Courcouronnes (91)
Direction d’un atelier de théâtre-forum avec un groupe de parents en stage de responsabilisation pour le Service pénitentiaire d’insertion et de probation de l’Essonne.
Deux jours de formation à la prise de parole en public – Bagnolet (93)
Une session de formation de deux jours pour des syndicalistes de la FSU avec Culture et Liberté.
Formations professionnelles
Une semaine de formation de Théâtre de l’opprimé·e – Saint-Denis (93)
Une formation de cinq jours pour former les éducateurs de l’association CANAL à l’utilisation de l’outil théâtre-forum. Elle commence fin mars et se poursuivra début avril.
Vous souhaitez mettre en place un atelier ou une formation dans votre structure ? Contactez-nous contact@compagnie-naje.fr
Les stages de formation au Théâtre de l’Opprimé·e de 2025
Vous souhaitez vous former aux techniques du Théâtre de l’Opprimé·e ? La Cie NAJE propose tout au long de l’année des stages ouverts aux débutant·e·s comme aux confirmé·e·s.
Stages de Théâtre-forum (à deux niveaux)
Du 12 au 16 mai 2025 (Montreuil, 93).
Du 27 au 31 octobre 2025 (Crest, 26)
Stage Théâtre-images
Du 27 au 29 juin 2025 (Paris).
Stage Techniques introspectives
Du 14 au 18 avril 2025 (Bagnolet, 93).
Retrouvez toutes les dates et les programmes sur cette page de notre site.
Renseignements et inscriptions auprès d’Asmahàn : stage@compagnie-naje.fr.
Le spectacle de la Compagnie NAJE en mai
Spectacle « Je suis bien chez moi et j’y reste » – Paris-Bercy (75)
Un spectacle sur la question de l’adaptation des logements pour les personnes âgées en perte d’autonomie. En collaboration avec Adaptia et AG2R La mondiale IdF. Le 30 mai pour AG2R La Mondiale IdF.
Pour participer à l’un de nos spectacles, contactez plusieurs jours avant la Compagnie NAJE afin de lui laisser le temps de demander votre invitation à la structure qui organise le spectacle : compagnienaje92@gmail.com.
Le chantier « 12 mois » en mai
Après deux premiers dimanches en avril, notre grand chantier national « 12 mois » continue au mois de mai. Ce nouveau chantier mettra en travail les problématiques choisies par la cinquantaine de participant·e·s qui se retrouveront deux dimanches par mois pendant 12 mois, d’avril 2024 à juin 2025 (hors été). En 2024, nous ferons deux représentations publiques, le 16 juin et le 24 novembre.
Si vous souhaitez soutenir cette action, vous pouvez toujours contribuer à notre cagnotte.
Les ateliers et formations de mai
Missions locales du 91 (programme « Égaux » pour des jeunes hommes et « Jeunes et femmes » pour des jeunes femmes concernées par les violences).
- Trois jours d’atelier « Jeunes et femmes » à la Mission locale de Brétigny-sur-Orge.
- Trois jours d’atelier « Jeunes et femmes » à la Mission locale de Montgeron.
- Trois jours d’atelier « Égaux » à la Mission locale de Massy.
Trois jours de formation à la prise de parole en public – Montpellier (34)
Une session de formation de trois jours pour des syndicalistes de Sud PTT, avec Culture et Liberté.
Cinq jours de formation à la pratique du Théâtre de l’Opprimé·e – Saint Étienne (42)
Cinq jours de formation pour les bénévoles de l’association « Les amis de L’échappée Belle » qui ont pour projet de mettre en place du Théâtre-forum avec un public en situation de fragilité sociale. Cette formation est financée par le FDVA (Fonds pour le développement de la vie associative).
Une journée de formation professionnelle pour l’École Nationale de PJJ – Saint Denis (93)
Une journée de formation pour les professionnel·le·s de la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse) pour travailler sur leur prise en charge de publics présentant des troubles de santé mentale et faire de l’analyse de pratique.
Vous souhaitez mettre en place un atelier ou une formation dans votre structure ? Contactez-nous ! compagnienaje92@gmail.com

présente
Dégage !
Le spectacle de théâtre-forum issu du chantier de la Cie NAJE sur le logement, l’habitat et l’urbanisme
La nouvelle création de la Cie NAJE livre des récits de nos rapports si différents au logement : nos recherches de logement devenues impossibles, des HLM qui manquent, des logements insalubres et dangereux, des bidonvilles, des places populaires qui sont requalifiées, des centres villes qui ne veulent pas voir les jeunes des quartiers populaires, des consultations des habitants sans suite…
Avec 45 comédiens amateurs et professionnels en scène.
Le vendredi 10 mai à 20h et le samedi 11 mai à 15h
À La Parole Errante : 9, rue François Debergue à Montreuil (93)
(métro : Croix de Chavaux – ligne 9)
Réservations et tarifs (de 2 à 10 euros) via HelloAsso
Ou par mail : resanaje@gmail.com
Vous pouvez également contribuer à financer ce spectacle par vos dons. Les subventions publiques ne suffisent pas en effet à couvrir les dépenses nécessaires pour créer ce spectacle et le jouer.
Pour soutenir notre spectacle « Dégage ! », cliquez ici.
Vos dons sont déductibles à 66 % de vos impôts (dans la limite de 20 % de votre revenu net imposable), nous vous éditerons un reçu à fournir à l’administration fiscale.
« Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » : c’est la nouvelle création de la Cie NAJE, un spectacle de théâtre-forum issu du grand chantier annuel. Comme chaque année, une cinquantaine de participant-e-s, citoyen-ne-s, comédien-ne-s, amateur-e-s seront là pour vous accueillir, jouer le spectacle et faire forum avec vous !
Pour vous en dire un peu plus sur cette nouvelle création, la Cie NAJE vous présente le « teaser » du spectacle en attendant les 27 et 28 mai prochains ! (La représentation du vendredi 27 mai est complète, réservez-vite pour le samedi 28 !)
VENDREDI 27 MAI à 20H [COMPLET]
et SAMEDI 28 MAI à 15H
A La Parole Errante
9 rue François Debergue, 93100 Montreuil
(métro Croix de Chavaux)
Spectacle gratuit, réservations obligatoires !
Pour réserver vos places, envoyez un mail à resanaje@gmail.com
Précisez le nombre de places que vous souhaitez, la date (vendredi 27 mai à 20h ou samedi 28 mai à 15h), et à quel nom vous réservez vos places.
Nous vous enverrons ensuite un mail de confirmation en vous précisant la « procédure » à suivre (pour confirmer votre réservation, un chèque d’arrhes de 10 euros par place réservée vous sera demandé, non encaissé, il vous sera rendu le jour de la représentation ).
Samedi 16 et dimanche 17 janvier, les participant-e-s au grand chantier sur la famille se sont à nouveau retrouvé-e-s à Aubervilliers. Un week-end particulier : cette fois, pas d’intervenant, mais une grande place laissée aux histoires de chacun et chacune, avec du temps pour traiter les sujets en profondeur !
Samedi, après quelques jeux, plusieurs groupes de travail se sont formés :
- La place de la mort dans la famille, s’occuper des parents vieillissants.
- Les violences familiales, quand nous sommes victimes ou témoins de la violence au sein de la famille (viol par inceste, mauvais traitements…).
- Les conséquences des violences passées (physiques, verbales) sur notre présent.
- Les violences conjugales.
- Des histoires d’oppression dans la famille.
Les retours de ces ateliers se sont faits sous la forme d’improvisations, de théâtre-images et de théâtre-forum notamment. Chacun-e a pu se familiariser avec la pratique du théâtre-forum, et s’essayer à trouver des solutions sur des scènes d’oppression dans la famille : en particulier sur une scène entre une mère et ses deux filles qui lui demandent sans cesse de l’argent, alors qu’elle en a peu.
Le dimanche, le groupe a continué à approfondir quelques thématiques de la veille et sur de nouvelles histoires :
- Le rapport à l’argent dans la famille.
- Le divorce et la garde des enfants.
- Les révélations (secrets) dans la famille.
Lors des retours, certaines images ont été proposées en demandant aux participant-es de réagir sur les images créées : « Ça me rappelle le jour où… »
En fin de journée, en petits groupes, des mini-scènes ont été improvisées sur les moments « nourrissants », « truculents » dans l’histoire de nos familles, de notre enfance notamment.
Prochain rendez-vous du chantier : les 30-31 janvier où nous accueillerons Mathilde Thimotée (juge aux affaires familiales), Céline Bessière et Sybille Gollac (sociologues, sur l’argent et le patrimoine familial). Un dernier week-end de formation aura lieu les 13 et 14 février avant de démarrer le travail d’écriture du texte du spectacle et les répétitions.
Psychopraticien, formé à la Gestalt (thérapie humaniste et holistique (qui prend la personne dans sa globalité) et où le praticien ne se désinvestit pas de la relation avec le patient), à la thérapie du lien et à la sexothérapie, Flo Arnould est venu le samedi 9 janvier nous parler de la famille vue du côté des questions de genre, d’identité sexuelle, de filiation. Voici les grandes lignes de son intervention.
En arrivant parmi vous, je ne me sens pas encore vraiment faire partie de votre groupe. Je ressens un peu de stress, d’angoisse, et ça me renvoie clairement à la famille, à la place que j’ai eue dans ma famille.
La famille, c’est le premier groupe d’appartenance, avec des liens qui se font, des liens qui n’arrivent pas à se faire ou qui se rompent, des questions de patrimoine, de filiation… Ça me fait penser à des personnes que j’ai accompagnées en tant que psy.
Je pense, par exemple, à une personne confrontée à une grande solitude, qui avait été confiée très jeune à ses grands-parents, et sa mère avait ensuite eu des enfants avec d’autres compagnons. Cette personne ne connaissait pas son père. La mère lui disait que son père était arabe, il refusait d’y croire. Il était militant FN, et m’a mis en grande difficulté dans l’accompagnement. Pour lui, être au FN, c’était avoir un sentiment d’appartenance très fort, en excluant tous les boucs émissaires. Quand j’ai compris cela, je me suis senti en lien avec lui. Et ensemble, on a pu partager et traverser des expériences de peur.
Je pense à une autre personne, confiée à cinq ans à une tante. Dans le hameau, il y avait le papa, la maman, des oncles et tantes, dont une veuve de guerre. La famille a décidé de quitter le hameau, mais comme elle estimait qu’elle ne pouvait pas laisser toute seule cette veuve, on lui a laissé l’enfant… alors même qu’elle était non-traitante, voire maltraitante, vis-à-vis de l’enfant !
La famille, ça renvoie naturellement à la norme. Une fille est « fille de » (alors qu’un garçon est « fils de », ce n’est pas le même mot) ; puis, une femme est « femme de » (alors qu’un homme est « mari de », et c’est pas le même mot non plus !). Le passage à l’âge adulte, pour une femme, c’est passer de « fille de » à « femme de »… ou aujourd’hui à « mère de ».
Questions de genre
Le genre, c’est quelque chose de très complexe à définir !
On peut partir de l’identité biologique. Mâle, femelle et inter-sexuation. Plusieurs éléments sont à regarder, les chromosomes (encore qu’il y ait bien plus de cas de figure que les deux classiques « xx « ou « xy » dont on parle généralement).
Il y a aussi les organes génitaux. Ce n’est pas si simple que cela non plus car, à la naissance, c’est une question de millimètres : jusqu’à 9 mm, on affirme clairement que c’est une fille ; au-dessus de 1,4 mm, c’est clairement un garçon ; mais entre les deux, on ne sait pas ! Alors on regarde les organes sexuels internes.. Longtemps, et même encore aujourd’hui, certain-e-s considèrent l’inter-sexuation comme une anomalie, et réassignent de force en fille ou en garçon.
Le caractère d’anomalie a longtemps été lié à l’idée de procréation. On le retrouve chez les hommes ou femmes non fertiles, qui n’arrivent pas à se sentir une vraie femme, ou vraiment un homme sous le poids du regard médical et de la société. On a pourtant découvert que certaines personnes « inter-sexes » peuvent à la fois donner la vie dans le corps de l’autre et recevoir la vie dans leur propre corps.
On nous a beaucoup menti sur tout cela. Et on a commencé à s’en rendre compte avec les tests de féminité pour les sportifs, notamment avec la parution du livre d’Anaïs Bohuon « Le test de féminité dans les compétitions sportives ». Des sportives ont dû quitter les Jeux olympiques car elles n’étaient plus classables comme des femmes.
Certaines femmes ont des seins, un clitoris, un vagin, des ovaires… et en même temps beaucoup de testostérone ! Finalement, il y a beaucoup plus de cas d’inter-sexuation que ce qu’on pourrait imaginer.
On a trouvé et défini cinq « identités de sexe ». Mais après l’identité de sexe, il y a le genre : c’est la partie psychologique, c’est comment je me sens avec mon matériel biologique. L’identité se construisant dans la rencontre avec les autres.. Le psychothérapeute Jean-Marie Robine a écrit un livre dont le titre résume très bien cela : « S’apparaître à l’occasion d’un autre ». Là vient l’idée de transition, de passing, pour être reconnu enfin dans le genre d’où la personne parle.
« Trans », c’est passer d’une identité à une autre, donc faire un voyage, s’écarter du strict biologique. Ce voyage peut être plus ou moins long : ça peut se limiter aux vêtements, après il y a la possibilité de la prise d’hormone ou pas (je prends moi-même de la testostérone), après il y a éventuellement les opérations (mammectomie, mais la phalloplastie a des résultats moins intéressants que la vaginoplastie)…
Certains parlent de continuum de genre, voire d’un archipel de genres…
La décision de créer une famille
Créer une famille, ça commence déjà par un couple, un trouple ou une communauté de personnes adultes majeures (en tout cas, qui ont la majorité sexuelle : on ne peut être consentant qu’à partir de l’âge de 15 ans), ayant une sexualité ou pas.
Comment fait-on un enfant ? Là, tout se complique : on peut être fertiles ou non. Prenons un couple « classique » – un homme cis et une femme cis (cis, c’est-à-dire non-trans), hétéros tous les deux -, dans lequel l’un des deux est stérile. S’il manque du matériel biologique, on va avoir recours à un don : c’est la procréation médicalement assistée (PMA). La grande question, c’est : « D’où vient l’enfant ? ». Est-ce que je viens du matériel biologique ? Ou bien, est-ce que je viens du désir de mes deux parents ?
Derrière tout ça, il y a la loi, sur laquelle se crée la famille, en tous cas en cette époque-ci et dans beaucoup de pays du monde, l’interdit de l’inceste. Dans l’inceste, ce qui compte, c’est le lien. Et il y a une distinction claire entre « géniteur » et « parent » : un père qui couche avec sa fille sans savoir que c’est sa fille, ce n’est pas un inceste. En revanche, un beau-père qui couche avec la fille qu’il élève, c’est un inceste !
Ca me rappelle une famille où le fils n’était pas bon en maths. Quelqu’un s’en est étonné : « Pourtant, son père est prof de maths ! ». Et la mère a chuchoté : « Oui, mais on eu recours au don ! » Comme si ce n’était pas vraiment leur fils ! C’est là que les parents créent un « abandon »…
Je me retrouve en cabinet avec des couples de lesbiennes qui me disent : « On voudrait un donneur qui ne soit pas anonyme, qui n’interviendrait pas dans la vie de l’enfant, mais celui-ci, à sa majorité, pourrait demander qui c’est et vouloir le contacter ! » Elles sont face à la pression sociale, qui leur affirme sans cesse que l’enfant voudra savoir « d’où il vient ? ». On ne leur demande jamais, à l’inverse, ce que cela peut créer dans la vie de cet homme, s’il a d’autres enfants et/ou une partenaire, de voir débarquer cet enfant qui a été conçu par cet homme cis mais pas élevé par lui-même, sans « lien »… Ni ce que cela fera à l’enfant de sonner chez cet homme inconnu qui a donné du matériel, mais n’a pas choisi d’être père… Non, on ne pose pas ces questions non plus aux couples hétérosexuels, ou très rarement !
Pour moi, on abandonne davantage un enfant quand on se force à l’élever alors qu’on n’arrive pas à être en lien avec lui plutôt que quand, conscient de là où on en est, on décide de le « confier » à quelqu’un d’autre. En Polynésie, on estime que les moins bien placés pour élever un enfant, ce sont ses géniteurs ! Donc on les confie systématiquement à d’autres. Et on ne met pas le mot « abandon » sur cette pratique. Accoucher sous X peut être une démarche très responsable, mais cette démarche est fortement stigmatisée, et c’est cette stigmatisation qui fait souffrir.
J’ai aussi entendu parler d’une autre culture où les femmes sont fécondées de manière anonyme, et les enfants sont élevés par la communauté des femmes.
Il faut être conscient d’une chose : on ne nait pas mère (ou père), on le devient comme Simone de Beauvoir disait qu’on « devient femme » ou pas.
Il y a des hommes qui sont très maternant et des femmes qui le sont très peu. On pourrait laisser tout cela fonctionner spontanément au lieu de culpabiliser les un-e-s et les autres !
Prenons aussi le cas d’un couple d’hommes homosexuels qui décide de faire un enfant : aujourd’hui les deux papas peuvent être proches de la grossesse, de ce qui se passe dans le ventre de la mère porteuse, grâce à l’haptonomie. Et être ainsi présents dès la grossesse jusqu’à la naissance, puis dans l’éducation, sans rupture de lien.
Echanges avec le groupe
- Jean-Paul : le consentement entre deux adultes est vrai sur le rapport sexuel, pas forcément dans le projet de faire un enfant.
Flo : cela devrait être aussi un consentement sur le fait d’être parents ensemble, mais c’est loin d’être toujours le cas !
- Marisa : si on reconnaît qu’on ne se sent pas des parents suffisamment bons, c’est déjà énorme !
Flo : oui, c’est être très responsable de faire ça… alors qu’on vous traite en irresponsables !
- Sandy : jusqu’à 14 ans, je ne me sentais pas fille du tout, je jouais au foot, aux billes…
Flo : on peut être une femme, et ne pas aimer le rôle social de femme, le rapport au corps des femmes… et ça n’a pas forcément un rapport avec le genre. Moi, je me sens plutôt… un homme efféminé ?
- Dominique : je m’identifiais à tous les héros masculins quand j’étais petite, j’aimais jouer au foot… mais je me sentais très « fille ». De même, j’ai eu des attirances amoureuses pour des filles, alors que je ne me sens pas homosexuelle.
- Muriel : je pense à un couple d’amis, dans lequel la femme ne se sent pas franchement mère et c’est le père qui s’occupe surtout des enfants. Un jour où ils faisaient les courses ensemble, un commerçant lui a dit, très surpris : « Je croyais que vous étiez veuf » !
- Socheata : je suis frappée par les catégories très rigides et précises sur ce qu’est un bon et un mauvais parent. C’est très normatif, comme les questions de genre, du reste. De même, un « abandon » repose en grande partie sur le regard normatif que porte la société dessus.
Flo : en fait, il faudrait distinguer l’acceptation du rapport sexuel, l’acceptation d’être géniteur, l’acceptation d’être parent, le fait d’accepter ou non l’identité et/ou le rôle parental…
- Maurice : les couples lesbiens, n’est-ce pas un réflexe d’égoïsme ?
Flo : ce qui compte, c’est le désir de faire un enfant. Des lesbiennes se posent forcément cette question (alors que ce n’est pas forcément le cas des couples hétéros, pour qui les choses peuvent venir par accident). Si elles y ont pas mal réfléchi, elles trouveront les réponses à apporter à l’enfant. De toute façon, il n’y a pas d’histoire familiale parfaite, sans manque, sans frustration.
Et les enfants sont souvent assez à l’aise avec tout ça. Parfois, dans le métro, des enfants me demandent : « T’es un garçon ou t’es une fille ? » Je peux répondre : « Je suis inter-sexe ». Ou bien : « Tu crois que c’est important cette question ? » En général, les enfants sont à l’aise avec mes réponses, ça ne leur pose pas problème, mais leurs parents si !
- Jean-Paul : le désir d’enfant n’est pas, en soi, bienveillant. Ce qui peut l’être, c’est la construction d’une famille.
Flo : dans le désir d’enfant, beaucoup de choses se mêlent. Ce peut être, par exemple, l’envie de réparer l’enfant qu’on a été. Il y a aussi la filiation, le patrimoine… On peut aussi avoir envie d’être enceint-e, mais pas d’être parent.
- Vianney : on est dans des sociétés sexuellement très normées. Comment est-ce compatible avec tout ce que tu évoques ? Quels sont les problèmes auxquels tu te heurtes régulièrement ?
Flo : par exemple, je pense à mes patient-e-s, avant un entretien d’embauche : qu’est-ce que je mets sur mon CV ? Je pense à un établissement scolaire où on a annoncé aux élèves que leur prof de maths était « madame X »… et ils ont vu arriver un barbu !
Le parcours personnel de Flo
Je me considère comme un trans « F to X » (« female » to X »). J’ai pris un peu de testostérone, mais pas beaucoup. Je ne me sens pas un homme, je me sens du sexe « neutre ». Mais je me sens bien en me genrant au masculin, c’est-à-dire en parlant de moi au masculin (« il ») : par exemple, quand on me dit que « je suis tout beau », ça me fait plaisir, mais quand on me dit que « je suis toute belle », j’ai l’impression que l’on parle de quelqu’un d’autre ! J’ai des seins, mais ça ne me gêne pas. Si je ne mets pas mon binder, on me perçoit plutôt comme femme. Si je fais la gueule, je suis plus facilement perçu comme un homme !
Je peux me sentir a-gender, être biologiquement femelle, être attiré par les femmes, trans ou cis, avec beaucoup d’androgéneïté. Je ne suis attirée ni par les hommes cis-genre, ni par les hommes trans. Enfin, jusque-là…
Après, il y a aussi l’orientation sexuelle : homo, hétéro, bi, pansexuel… Certains trans qui sont attirés par les femmes se définissent comme hétéros, d’autres comme queer, etc. Moi, je me définis plus comme « gouine ».
En tout cas, ce n’est pas parce qu’on a une chatte entre les cuisses qu’on n’est pas un homme, et vice-versa !
D’autres histoires
Imaginons, si je continuais à prendre de la testostérone, j’aurais de la barbe, et je pourrais avoir une carte d’identité avec la mention « sexe M ». Mais je peux toujours prendre un rendez-vous avec le gynéco, et je peux même être enceint ! C’est une histoire réelle que je connais. Enceint avec un gros ventre et une barbe : qu’est-ce qu’on dit de lui dans la rue ? Comment va-t-il être remboursé avec sa carte vitale qui commence par 1 ? Par exemple, à l’arrivée à l’hôpital, on peut lui demander : « Elle est où, la maman ? ». Et s’il répond « C’est moi », alors on va se mettre à l’appeler « madame » ! Ça peut être très dur pour lui d’aller voir un gynéco, car celui-ci risque de lui faire la morale : « Alors, comme ça, vous vous sentez un homme et vous voulez porter un enfant ? ».Dans les salles d’attente, les autres parents regardent les couples atypiques de travers.
Prenons aussi les asexuels, hétéro- ou homo-romantiques. S’ils veulent faire un enfant et ont besoin d’assistance médicale, celle-ci risque de leur être refusée ! Surtout s’ils ont tout le matériel médical nécessaire pour ça, mais qu’ils ne veulent pas de rapport sexuel, car ils sont asexuels. Ils vont peut-être entendre : « Oh bah, ils n’ont qu’à faire un effort, se forcer un temps ! » Il y a une injonction de la société à avoir une sexualité, qui doit être génitale et au moins une fois par semaine ! En tant que psy, si on s’appuie sur du matériel théorique très normatif, très hétéro-normé, on peut faire du mal aux gens. En même temps, on ne peut pas nier que cette norme existe et que les gen-te-s y sont confronté-e-s tous les jours…
Autoriser la PMA pour les couples de lesbiennes est en cours de discussion, enfin c’est toujours reporté (alors qu’elle est autorisée pour les hétéros). Elles peuvent aller en Belgique ou en Espagne, mais il faut en avoir la possibilité financière et matérielle. Un couple hétéro-romantique ne peut pas y avoir droit non plus.
De manière artisanale, ça peut se faire à la maison. On peut aussi avoir un rapport d’un soir, non protégé, avec un mec cis par exemple. Ou demander à une copine hétéro de conserver du sperme de son mec. Ou récupérer du sperme dans une back-room. Ou auprès d’un copain sympa qui file son sperme : mais si on sait d’où vient le matériel génétique, que devient la place du deuxième parent ? En plus, souvent, on n’ose pas demander les papiers de dépistage au brave mec ! C’est une prise de risque pour la santé côté HIV (sida) et IST (infections sexuellement transmissible).
Etre parent, ça peut se concevoir à plus que deux. On peut être poly-amoureux, dans plusieurs relations amoureuses où tout est cadré tou-te-s ensemble, en exclusivité ou sans exclusivité (« plan cul », sex friend, rapports sexuels sans relation amoureuse). On peut avoir plusieurs relations et habiter seul-e, ou en colocation avec des gens qui ne sont pas partenaires sexuels ou amoureux. Ou tout le monde peut aussi habiter ensemble : la question se pose alors de savoir si l’on donne une place particulière aux parents biologiques, ou pas ? Quelles sont les places de chacun autour de l’enfant, des enfants ?
Ca me rappelle cette personne qui avait deux relations, l’une avec un homme trans, l’autre avec un couple (lui cis et elle cis-lesbienne). Si le couple a un désir d’enfant, quelle va être la place de chacun ? Qui va vivre avec qui, et comment ? Qui souhaite porter l’enfant ? Avec l’ovule de qui ? et le sperme de qui ?
La famille, ce n’est pas seulement celle qu’on crée, c’est aussi celle d’où l’on vient. Et il y a toujours cette question : comment on le dit à la famille ? Je pense à cette femme qui devait annoncer à sa famille à la fois qu’elle était femme et qu’elle allait devenir mère ! Il y a des histoires de ruptures familiales : des jeunes qui sont mis dehors parce que non conformes… Une femme est venue me voir avec sa « fille qui voulait transitionner ». Je lui ai parlé de mon propre positionnement. En fait, ça l’a rassurée, car elle me testait ! Je lui ai dit : « Vous pourriez venir avec votre… fils ? » Ça l’a fait beaucoup rire : « Oh bah oui, mon fils, vous avez raison ! »
Il y a enfin toutes ces notions d’« instinct maternel » (ou paternel). Et ça me rappelle l’histoire de cette femme qui a eu deux enfants. Le deuxième, à sa naissance, elle n’arrivait pas à l’aimer. Alors l’équipe médicale a choisi de la laisser tranquille avec ça (ce qui doit être assez rare) ! Le bébé était en nurserie et l’enfant de deux ans en garderie, la maman vivait seule. Un jour, elle repasse, voit un bébé dans un berceau, le regarde, s’exclame « Qu’est-ce qu’il est beau ! »… et c’était le sien !
Samedi 9 et dimanche 10 janvier, les participant-e-s au chantier se sont retrouvés à Aubervilliers afin de poursuivre le travail de l’année sur le thème de la famille.
Samedi, Flo Arnold, psychopraticien, est intervenu pour parler de la notion de famille sous l’angle de la filiation et des questions d’adoption. Les problématiques liées au désir d’enfant et à l’adoption chez les couples homosexuels ou trans ont également été abordées, tout comme les origines, le désir de connaître ou non ses liens « biologiques » (voir ici le compte-rendu de son intervention).
Dans l’après-midi, en groupe, les participant-e-s ont travaillé sur plusieurs thématiques, en préparant des improvisations :
- L’histoire d’un couple de femmes homosexuelles qui souhaitent avoir un enfant et les interrogations qui en découlent : le regard de la société, de la famille.
- Les liens du sang : qu’est–ce qui fait qu’un jour, on décide de partir à la recherche de ses liens biologiques ?
- Des histoires concrètes sur l’instinct maternel et/ou paternel, mais aussi sur leur absence.
- Des histoires de « révélations » concernant la famille.
- Désir d’enfant : quand on n’est pas ou plus en situation d’avoir un enfant, quand il n’est pas/plus possible d’en avoir un.
Le dimanche, après quelques jeux, les scènes travaillées la veille ont été jouées avant d’entamer un travail sur les sons pouvant servir à la création musicale du spectacle.
Puis d’autres groupes de travail se sont formés pour travailler sur de nouvelles scènes :
- La perméabilité de la famille : a t-on vécu dans une famille ouverte ou fermée sur l’extérieur ?
- La transmission dans la famille : qu’est-ce qui nous a été transmis de positif dans notre famille (valeurs, sensibilités, habitudes…) ?
- L‘adoption : être adopté ou adoptant.
- Les phrases rituelles qu’on entend dans nos familles depuis toujours.
- Musique : travail sur les sons dans la famille.
Prochain rendez-vous du chantier les 16-17 et 30-31 janvier où nous accueillerons Mathilde Thimotée (juge aux affaires familiales), Céline Bessière et Sybille Gollac (sociologues, sur l’argent et le patrimoine familial). Un dernier week-end de formation aura lieu les 13 et 14 février avant de démarrer le travail d’écriture du texte du spectacle et les répétitions.